Le Succès et son Coût Moral — Une Réflexion sur l’Ambition Humaine

Dans un monde obsédé par la réussite, les récits « Au nom de… » et « En ton nom » nous confrontent à une question lancinante : « Qu’est-ce que réussir vraiment ? » Ces œuvres, par le destin de leurs personnages, dévoilent les multiples facettes du succès et, plus crucialement, son coût moral souvent exorbitant.

Le protagoniste d’« Au nom de », Édouard, incarne d’abord un succès hérité, fait de luxe et de facilité. Fils d’un politicien influent, il a côtoyé les « beautés », les « beaux restaurants », les « magnifiques voitures » et « tout cet argent ». Cependant, cette opulence est éphémère, le menant à une « déchéance sociale » où il finit par « errer dans les rues tel un clochard ». Sa quête de reconnaissance est « empreinte d’une mélancolie palpable », le poussant à « flirter avec les limites de sa moralité ». Sa « rédemption sociale » passe par l’adhésion à un parti politique, où il accepte de « porter le masque au quotidien » et de servir de « pantin ». Son ascension fulgurante, devenant « Major de la promotion », lui offre certes richesse et reconnaissance, mais elle est conditionnée par une « loyauté sans failles » et une servitude totale au président national. L’éloquence d’Édouard est désormais mise au service de la « flatterie », de la « génuflexion » et des « propos dithyrambiques », illustrant une réussite superficielle obtenue au prix de son intégrité.

Le Big Boss lui-même offre une perspective crue sur le succès : « l’homme ne respecte que deux choses : l’argent et le pouvoir ». Il confesse avoir dû « sacrifier beaucoup de choses… des amis, des valeurs » pour y parvenir, avant d’inviter à l’observer : « Mais, regardez-moi maintenant ». Sa réussite est donc explicitement construite sur des compromis moraux profonds, érigeant la convoitise en moteur principal.

 

Le thème prend une dimension saisissante dans « En ton nom » où, ironiquement, le nom du Messie lui-même est devenu une « marque à succès » et un « fonds de commerce ». Des « sommes colossales ont été amassées » en son nom, et des « empires ont été créés », sans son consentement. Ce succès, bâti sur l’exploitation et la manipulation de son image, soulève la question fondamentale de la propriété d’une identité et de l’éthique de la marchandisation du sacré. Le Messie, confronté à cette réalité, est poussé à revenir sur Terre pour « rétablir l’ordre dans ce bazar », mettant en lumière l’immense coût moral de cette réussite parasitaire.

En fin de compte, ces récits nous invitent à une introspection : sommes-nous prêts à sacrifier nos « valeurs qui, bien que moribondes, survivaient au fond de moi », notre identité ou même notre intégrité, sur « l’autel de nos rêves », pour atteindre une forme de succès ? La réponse est sans équivoque : ce chemin est pavé de dilemmes moraux et peut mener à une « cage dorée » ou à une « seconde mort » de l’être.

 

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Entre rêves et réalité: quand l’inconscient guide nos pas.